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WWF UE 2008
30
janvier
2013

Les 23 et 24 janvier, la commission Agriculture (Comagri) du parlement européen a voté sur le projet de réforme de la PAC. « Ce vote constitue une véritable attaque en règle des eurodéputés sur l’environnement » résume Isabelle Autissier, présidente du WWF-France. Hier, les eurodéputés ont non seulement refusé de renforcer les conditions ouvrant l’accès aux aides mais ont supprimé environ la moitié de la conditionnalité existante. Ainsi les nouvelles références à des textes européens essentiels pour la protection de l’environnement comme la directive cadre sur l’eau ou la directive sur les pesticides ont été supprimées de la proposition.  Dans la ligne de mire se trouvaient aussi des mesures figurant de longue date dans la conditionnalité pour protéger la santé humaine comme l’interdiction des hormones dans la production animale. Difficile à croire.

« L’autisme des parlementaires de la commission Agriculture aux demandes de la société qu’ils sont censés représenter est assourdissant. Avant-hier, c’est le fameux « verdissement » qui était examiné. Si le principe d’un « verdissement » a bien été adopté, son contenu a été sabordé. Tous les groupes politiques, sauf les Verts, ont participé à ce sabordage. C’est une véritable gifle qui a été donnée à la Commission européenne qui dans ses propositions avait essayé, tant bien que mal, de relégitimer la politique agricole en renforçant les critères à respecter pour bénéficier des 350 milliards de subventions européennes. » déplore Christophe Roturier, Directeur des Programmes du WWF France.

Payer deux fois les mêmes pratiques dites « vertes »

Le détricotage du « verdissement », qui a lieu aussi bien au Conseil qu’au parlement européen et que dénonce le WWF depuis un an, est ainsi confirmé. La nouveauté est que les députés ont voté pour un principe illégal en droit européen et au regard de l’OMC, celui du « double paiement » : un agriculteur pourra être payé deux fois - par deux canaux différents : pilier 1 et pilier 2 - pour la même pratique agricole ; ce qui fera autant d’argent en moins pour financer des mesures environnementales. « On se demande comment les députés, essentiellement de droite (PPE), qui ont voté en faveur de ce principe vont pouvoir expliquer cela aux contribuables auxquels des efforts financiers colossaux sont actuellement demandés. » s’interroge Isabelle Laudon, Coordinatrice des Politiques Publiques.

Du discrédit de la Comagri à celui du Parlement européen ?

En vertu du traité de Lisbonne, c’est la première fois que la réforme de la PAC se fera en codécision entre le parlement européen et les 27 ministres de l’Agriculture, c’est donc la première fois que le parlement peut imprimer sa marque face à un Conseil qui prône le statu quo. « En refusant d’engager l’agriculture européenne sur la voie de la durabilité, en affaiblissant considérablement l’écoconditionnalité existante dans la PAC actuelle, en transformant le « verdissement » en un véritable greenwashing, en servant les intérêts de l’agri-business, la Comagri s’est discréditée. Cela met à jour les nombreux cas de conflits d’intérêts notamment chez les conservateurs (PPE) et libéraux (ADLE). Si le parlement suit ce vote et laisse finalement des députés qui recoivent des subventions de la PAC decider des nouvelles règles, il se discréditera aussi » prévient Isabelle Autissier.

Le WWF France appelle l’ensemble des députés français du parlement européen à rejeter, lors de la plénière qui aura lieu en mars, le vote de la commission agriculture qui ne reflète ni les aspirations des citoyens, ni celles des contribuables.

19
juillet
2012

La Commission européenne a adopté aujourd’hui une proposition de règlement définissant les règles de gestion de la pêche en eaux profondes.

Visant notamment la suppression progressive du chalutage des grands fonds, la proposition de la commissaire à la pêche Maria Damanaki avait déjà été bloquée le 12 juillet dernier par le commissaire français Michel Barnier en charge du marché intérieur. Prétextant un délai nécessaire à l’analyse des conséquences socio-économiques d’une telle décision, l’ancien ministre de la pêche souhaitait ainsi pouvoir empêcher cette interdiction. Frédéric Cuvillier, Ministre délégué à la Pêche, jugeait même qu’une telle mesure « ne serait pas acceptable » dans un communiqué du 17 juillet du Ministère de l’Ecologie. « Quand on sait que le chalutage profond est l’une des pratiques de pêche les plus destructrices et qu’elle impacte des écosystèmes et ressources à cycle de vie très lent, que faut-il juger d’inacceptable : interdire une telle pratique ou la défendre au nom des seuls intérêts privés de trois armements industriels ? » s’interroge Isabelle Autissier, présidente du WWF-France.

Cette position reflète hélas l’attitude récurrente de la France en matière de pêche : la défense de l’intérêt de quelques uns au détriment de la majorité et du bien commun. Le nouveau gouvernement il avait déjà défendu une position contrariante sur les orientations de la Politique Commune de la Pêche lors du Conseil des ministres européens du 12 juin dernier. Malgré « le changement », et semblant ignorer que 80% de la pêche française est une pêche artisanale, le gouvernement continue de protéger les intérêts d’une toute petite minorité : la pêche profonde ne représente que 1% des captures européennes.

« A l’heure où le Président de la République veut organiser une Conférence environnementale dont l’un des thèmes principaux sera la « biodiversité », comment comprendre cette position anti-écologique émanant du Ministère de l’Ecologie lui-même, désormais en charge de la pêche ? C’est inacceptable. Nous appelons la ministre de l’Ecologie à reprendre la question de la pêche en main et à être à la hauteur de cet enjeu écologique majeur qu’est l’avenir de nos océans »,  demande Isabelle Autissier.

20
juin
2012

Six ONG ou réseau d’ONG (WWF-France, FNH, RAC-France, FNAB, LPO, EFNCP) ont réagi à la surprenante prise de position de Stéphane Le Foll au Conseil Agriculture du 18 juin.

Le Conseil des ministres qui s’est tenu avant-hier à Luxembourg a vu les ministres de l’Union européenne affaiblir encore un peu plus le contenu environnemental de la Politique agricole commune. Une majorité a refusé un fléchage minimal des dépenses de la politique de développement rural vers des mesures environnementales et climatiques. Ce rejet est surprenant car la PAC actuelle contraint déjà les Etats membres à affecter au moins 25 % de cette politique à l’environnement. Cette décision constitue donc une véritable régression.

Une position rétrograde de la France

Contrairement à la Suède, l’Autriche, la Pologne, le Royaume-Uni, la République tchèque, le nouveau ministre français de l’agriculture, Stéphane Le Foll, s’est opposé à la proposition de la Commission européenne d’allouer 25% des fonds vers les mesures agro-environnementales, l’agriculture biologique et les zones soumises à des contraintes naturelles. Cette position est d’autant plus incompréhensible que la France affecte déjà plus de 50% des fonds à ces mesures. Plus grave encore, le ministre s’est opposé au principe même d’un quelconque fléchage des fonds de la politique de développement rural sur l’environnement.

Le ministre a justifié la position de la France par la nécessité de garder une flexibilité car « un seuil minimal risquerait de remettre en cause la capacité d’adapter les objectifs aux réalités territoriales ». Mais comment croire que sans favoriser la protection de l’eau, l’adaptation au changement climatique ou la protection des sols, c’est-à-dire sans renforcer la résilience des exploitations, les agriculteurs pourront faire face aux défis qu’ils ont à relever (dérèglement climatique, crise énergétique, sécheresse…) ? Cette position rétrograde de la France surprend de la part d’un ministre qui, lorsqu’il était député européen, soutenait que la future PAC devait prendre davantage en compte les défis environnementaux et climatiques et qui vient de déclarer que l’agriculture ne pourrait concourir à la vitalité du monde rural qu’en améliorant à la fois ses performances environnementales et son efficacité économique.

Quels changements dans la politique agricole française annonce cette prise de position particulièrement inquiétante ? Nos organisations souhaitent que des explications soient apportées et, plus généralement, que la position de la France au Conseil des ministres de l’agriculture soit partagée avec l’ensemble des parties prenantes, notamment les ONG et organisations agricoles qui se sont engagées depuis plusieurs années dans cette réforme pour porter une PAC plus conforme aux attentes de la société.

La légitimité de la PAC en question

Sans fléchage sur l’environnement, les Etats membres seraient libres d’allouer les financements européens selon leur bon vouloir, et notamment de soutenir les assurances récolte dont le coût exorbitant pour le contribuable a été dénoncé alors qu’elles ont justement pour effet pervers de ne pas inciter les agriculteurs à se préparer aux défis environnementaux et climatiques, et qu’elles profitent surtout aux plus grandes exploitations. Face à ce constat, la question se pose maintenant de la légitimité de cette réforme de la PAC — plus de 40% du budget de l’Union européenne —  qui risque de dégrader encore un peu plus la situation environnementale de l’Union et de freiner le développement de ses territoires en privilégiant la compétitivité immédiate des grandes exploitations. La communication de la Commission européenne de novembre 2010 qui appelait à une « écologisation » de la PAC paraît désormais bien loin, et le chemin parcouru semble malheureusement l’avoir été en marche arrière.

16
mai
2012

Hier, au Conseil des ministres de l’Agriculture, le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos s’est vu contraint de proposer un assouplissement de sa proposition pour la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Il cède ainsi aux critiques des Etats membres sur le verdissement de la PAC alors que la proposition de la Commission représentait le minimum acceptable pour relégitimer une politique qui a échoué sur l’emploi et l’environnement.

Le WWF regrette que les Etats membres torpillent le verdissement proposé par la Commission alors que le Parlement européen ne s’est pas encore exprimé et que 89% des citoyens veulent qu’une plus grande part du budget européen soit allouée à l’environnement. En cette période d’austérité budgétaire, est-il encore possible de continuer à dégrader les ressources naturelles en dépensant 2/3 du budget de la PAC de manière non ciblée, alors que cette politique représente 40% du budget européen ?

Si cet affaiblissement se confirme, le WWF cessera de soutenir cette réforme et demandera un transfert massif des fonds du 1er pilier de la PAC (aide au revenu des agriculteurs) vers le 2e pilier  consacré au développement rural.

> Un dossier brûlant pour le nouveau ministre de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture qui sera nommé aujourd’hui est particulièrement attendu sur ce sujet brulant, des décisions devant être prises dans les semaines à venir. C’est sur ce dossier que l’on mesurera sa volonté de concilier agriculture, emploi et environnement car la PAC et ses
370 milliards d’euros vont structurer l’agriculture française pour les 7 années qui viennent (2014-2020).

> Le WWF France appelle le nouveau ministre à : Cliquez pour lire la suite »

22
février
2012

Le WWF, la FNCIVAM, le RAD et l’EFNCP ont le plaisir de vous inviter au séminaire qu’ils organisent le 1er mars 2012, au Salon International de l’Agriculture :

Ecologiser la PAC

Un partenariat gagnant-gagnant
pour l’environnement et les agriculteurs

Débat entre agriculteurs et ONG
autour des propositions de la Commission européenne Cliquez pour lire la suite »

13
octobre
2011

La Commission européenne a dévoilé aujourd’hui ses propositions de réforme pour la PAC 2014-2020. Alors que le ministère de l’Ecologie vient de sortir une étude montrant le coût astronomique des pollutions agricoles, le WWF regrette que ces propositions soient une opportunité manquée à la fois pour les écosystèmes et les finances publiques. Le verdissement annoncé par le Commissaire Ciolos ne permettra pas de réorienter l’agriculture européenne vers une agriculture durable. Ce sont 372 milliards d’euros qui risquent d’aller en grande partie vers l’agriculture intensive.

La Commission a cédé notamment aux pressions du syndicat majoritaire, de l’industrie de l’agro-chimie et d’Etats membres parmi lesquels la France, « très prudente sur le verdissement » comme l’a clamé François Fillon le 2 septembre dernier.

> Un « greenwashing » que la France s’est taillée sur mesure

Les mesures de verdissement proposées, largement influencées par la France, sont très affaiblies par rapport à l’ambition initiale du Commissaire Ciolos. Pour la France, ces mesures de « verdissement » sont déjà quasiment toutes obligatoires ou l’auraient été en 2013. « Il s’agit donc d’un véritable recyclage de mesures existantes, rebaptisé verdissement, qui va permettre de continuer à verser des aides aux systèmes les plus intensifs sans inciter à une réorientation vers des pratiques plus durables. Avec les conséquences que l’on connaît sur l’environnement » explique Serge Orru, Directeur général du WWF France.

Autre signe qu’un virage en faveur d’une agriculture durable n’a pas été pris : les fonds consacrés au développement rural et au sein de celui-ci, aux mesures en faveur de l’environnement, n’ont pas été accrus. Ils sont pourtant essentiels pour promouvoir une agriculture durable.

> Le coût de la décontamination des eaux souterraines françaises est supérieur au budget total de la PAC sur 7 ans !

Une étude du ministère de l’Ecologie[1] vient de chiffrer le coût des pollutions dues aux excédents de nitrates et pesticides. Elle montre combien les Français mettent deux fois la main à la poche : une première fois via leur feuille d’impôt, avec 10 milliards d’euros de soutiens directs à des agriculteurs ayant souvent des pratiques à fort impact sur l’environnement, et une deuxième fois via leur facture d’eau, avec un surcoût lié au traitement des nitrates et pesticides compris entre 7 et 12% de la facture.

Comme l’ont dénoncé la Cour des Comptes et le Conseil d’Etat, la politique agricole actuelle érige en système le principe du pollueur-payé.

Le chiffrage total du coût des pollutions agricoles établi par le ministère est faramineux : un minimum de 522 milliards d’euros rien que pour décontaminer les eaux souterraines. « Cette étude montre clairement que les Etats n’ont pas les moyens de faire face au coût de la dépollution et qu’il est donc plus qu’urgent de faire cesser les pratiques polluantes. Et encore plus de mettre un terme à cette aberration qui consiste à soutenir aveuglément les agriculteurs sans distinguer ceux qui ont des pratiques bénéfiques pour l’environnement et ceux qui ont des pratiques dommageables », analyse Isabelle Laudon, responsable des politiques européennes au WWF France.

« En ces temps d’austérité budgétaire, les propositions de la Commission européenne vont contribuer à alourdir la facture pour les générations présentes et futures sans aider les agriculteurs ayant des pratiques intensives à réorienter leurs pratiques. Elles font preuve d’une grave irresponsabilité face aux défis écologiques et économiques auxquels nous sommes confrontés » conclut Isabelle Autissier, Présidente du WWF France.

Il revient maintenant aux Etats membres et au Parlement européen d’améliorer cette proposition notamment en renforçant les critères du verdissement.

16
septembre
2011

Lettre ouverte cosignée par 21 organisations environnementales, agricoles et de santé publique (parue dans l’édition du 12/09/11 du quotidien La Tribune ).

Monsieur le commissaire à l’Agriculture, en 1992, la réforme de la politique agricole commune (PAC) a rendu visibles les aides perçues par les différentes exploitations. Cette transparence a nourri un débat sur les finalités de la PAC dans un contexte où la dimension sociétale de l’agriculture s’affirme de plus en plus, clarifiant les choix à faire. Pour faire simple : d’un côté la continuation d’un modèle agro-industriel lancé dans une course en avant, qui s’adapte en corrigeant ses urgences les plus manifestes ; de l’autre, une agriculture agro-écologique qui valorise les milieux naturels, les ressources génétiques locales, l’emploi. Quatre constats se dégagent :

1 - Les deux modèles sont en concurrence et leur cohabitation conduit le premier à marginaliser le second et à en récupérer l’image tout en en altérant l’essentiel.

2 - La prétendue supériorité économique du modèle industriel ne repose que sur une forte mobilisation d’aides publiques, sur des interventions d’urgence en cas de crise et sur la non-prise en charge des coûts induits pour l’environnement et la santé. Sans ce fort soutien public, l’agriculture industrielle serait en faillite et elle l’est effectivement pour tous les exploitants qui “décrochent” du fait de charges trop élevées.

3 - Beaucoup d’analyses estiment désormais que l’agriculture industrielle n’a pas vocation à nourrir le monde contrairement à ce qu’elle prétend, et qu’elle contribuerait plutôt à désorganiser les systèmes alimentaires vivriers.

4 - Produire en ménageant l’environnement n’est pas une aberration économique, c’est au contraire la meilleure assurance pour les agriculteurs eux-mêmes, les citoyens européens et les paysans du monde entier.

Depuis vingt ans, soumises aux pressions des groupes d’intérêt, les réformes successives de la PAC sont restées inachevées, notamment sur le plan de l’environnement. En 2010, votre arrivée au poste de commissaire à l’Agriculture avait donné de l’espoir aux défenseurs d’une vision plurielle et écologiquement responsable de l’agriculture européenne. La large consultation lancée dès le printemps 2010 sur l’avenir de la PAC permettait d’espérer un renouvellement des objectifs et des outils. La place donnée à l’environnement, à l’innovation rurale, aux petites exploitations donnait à croire qu’enfin la mesure des enjeux était prise. La communication de la Commission européenne en novembre 2010 était ambivalente, mais elle annonçait des perspectives de “verdissement” des aides directes, soit 80% du budget de la PAC.

Or, le contour de la réforme se précise. Et ce qui commence à sortir des bureaux de la Commission est plus qu’inquiétant. Le fameux « verdissement » du premier pilier ? Du recyclage de mesures peu ambitieuses conçues pour ne gêner personne et dont la seule finalité est d’afficher une légitimité environnementale de la PAC. Des aides ciblées pour les exploitations les plus favorables à l’environnement ? Mort-nées. Ce n’est même pas un statu quo, c’est une véritable régression possible dans la mesure où les initiatives ambitieuses existantes risquent d’être découragées et que certaines mesures sont potentiellement dangereuses. De même pour la politique de développement rural : on constate une forte dilution de la priorité environnementale et la règle d’un pourcentage minimal du budget dédié à l’environnement est abandonnée. D’un rôle d’aiguillon pour une majorité d’États, l’Europe devient l’acteur d’un nivellement par le bas.

Nous souhaitons alerter les citoyens sur ce que la Commission européenne prépare pour les années à venir. En jouant sur un verdissement de façade - un “green washing” largement porté par une France “prudente sur le verdissement”, comme vient de le déclarer François Fillon -, la réforme réussirait l’exploit de légitimer les aides aux exploitations agricoles qui contribuent le plus à la dégradation de l’environnement et de maintenir en marge du dispositif celles qui, au contraire, fournissent des biens alimentaires, des paysages et un environnement de qualité tout en maintenant des emplois. Un tel gaspillage de l’argent public est aussi irresponsable qu’inacceptable. Nous sommes alarmés par les projets de réforme de la Commission dans lesquels les fondements écologiques de l’agriculture sont niés au profit d’une approche agro-industrielle. Il est de notre rôle de vous rappeler les ambitions que vous avez portées initialement ; il est temps de soumettre aux responsables européens des options crédibles et ambitieuses, répondant aux attentes des citoyens et à même de préserver l’avenir de l’agriculture et des agriculteurs. Parce que cette PAC qui jusqu’à présent n’a su préserver ni l’emploi ni l’environnement, cela commence à bien faire.

Organisations signataires: Cliquez pour lire la suite »

30
mars
2011

Paru sur lemonde.fr le 30 mars 2011

Les problèmes environnementaux liés à certaines pratiques agricoles ont été mis en avant par des scientifiques et agriculteurs dès les années 1970. En 1983 le ministre de l’environnement avait même décrété “l’urgence pour l’eau en Bretagne”. Bruno Le Maire voudrait nous convaincre que son ministère a pris le virage de l’environnement…

Manque de cohérence et de volonté politique. Si le Grenelle a marqué une certaine avancée, les propos du président de la République : “Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi ça commence à bien faire”, ont amorcé un renoncement qui s’est concrétisé en août par l’annonce d’un “moratoire sur les obligations environnementales”. Le chef de l’Etat ne devrait donc pas s’offusquer de l’effet boomerang de sa petite phrase et des réactions de plus en plus vives qui se font jour.

Bruno Le Maire souligne les progrès en s’appuyant sur quelques pratiques qu’il juge exemplaires. Premier exemple : les pratiques rotationnelles qui permettent de réduire les pesticides et la pollution des nappes phréatiques. Pourquoi le gouvernement autorise-t-il alors des dérogations permettant des monocultures aux effets particulièrement néfastes sur les sols et la ressource en eau ? Pourquoi le gouvernement vient-il de reculer, face aux pressions des maïsiculteurs irrigants, dans l’application d’une disposition de la loi sur l’eau visant à réduire les prélèvements dans les zones à fort stress hydrique ? Pourquoi a-t-il en 2010 accordé soixante-quatorze dérogations pour des usages normalement interdits de pesticides ?

Deuxième exemple : la gestion des effluents d’élevage par la méthanisation. Si la méthanisation peut être en soi une technique d’avenir, elle ne résout en rien le problème de l’épandage d’azote et donc des nitrates à l’origine de trente ans d’algues vertes. Seule une réduction de la taille des élevages permettra de réduire à la source les excédents d’azote. C’est ce que vient de conclure le comité scientifique chargé de l’évaluation du plan gouvernemental “algues vertes” : les experts prônent une “forte réduction de la pression agricole” pour avoir une chance d’atteindre les objectifs européens 2027 de bon état des cours d’eau. Or plus de 800 millions d’euros de fonds publics ont déjà été investis pour réduire les taux de nitrates en Bretagne mais sans grand résultat car dans le même temps l’Etat laissait s’accroître la taille des élevages. Et le gouvernement s’obstine : il vient de prendre un décret facilitant la concentration des élevages sans enquête publique ni étude d’impacts ! Le contribuable appréciera.

En refusant de distinguer entre les modes de production durables et ceux qui ne le sont pas, en minimisant des réalités que chacun peut constater chaque été, Bruno Le Maire se comporte davantage en ministre de certains agriculteurs qu’en ministre d’une agriculture durable, d’une alimentation saine et d’un aménagement équilibré du territoire. Il occulte ainsi le vrai scandale, pourtant dénoncé plusieurs fois par la Cour des comptes, que constituent d’une part “l’insuffisante volonté de l’Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l’encouragement au productivisme” et, d’autre part, l’immense gaspillage des deniers publics utilisés à la fois pour soutenir des systèmes de production à forts impacts sur les ressources naturelles (pollution de l’eau…) et pour remédier à ces mêmes impacts (dépollution…). Selon la Cour des comptes, en matière agricole, le principe du pollueur payé prévaut sur celui du pollueur payeur. Ce n’est pas le ministre mais le contribuable qui devrait être partagé entre colère et indignation !

La bonne intelligence prônée par le ministre, c’est de reconnaître les excès de l’agriculture industrielle et non de la défendre coûte que coûte lorsqu’elle est à juste titre pointée du doigt. N’oublions pas que beaucoup d’agriculteurs y ont perdu leur emploi et parfois leur santé.

DES ENGAGEMENTS CLAIRS ATTENDUS EN VUE DE LA RÉFORME DE LA PAC

Au niveau européen, Bruno Le Maire apporte un soutien ambigu au verdissement de la politique agricole commune (PAC). Il prône une harmonisation des normes environnementales entre les vingt-sept ce qui est utile, mais insuffisant. En effet cela n’induit pas une redistribution des aides – aujourd’hui injustement réparties – en faveur de l’agriculture durable. Si notre ministre veut réconcilier agriculture et environnement, nous attendons qu’il revalorise dès cette année, dans le cadre du bilan de santé de la PAC, les soutiens à l’élevage extensif, la culture durable des légumineuses et l’agriculture biologique.

Et, pour l’après 2013, nous attendons qu’il s’engage clairement en faveur d’un verdissement qui soutienne les systèmes de production les plus vertueux pour l’environnement et l’emploi (agriculture biologique, systèmes herbagers, grandes cultures intégrées …). Si la France est vraiment en faveur d’un verdisement de la PAC, qu’elle se prononce pour un “paiement vert” obligatoire au niveau de l’exploitation et représentant au moins 50 % des paiements directs. Seule une incitation forte permettra à l’agriculture française de basculer vers des systèmes de production durables.

Pour mieux saisir les possibilités d’un tel basculement, le ministre devrait aller à la rencontre des dizaines de milliers d’agriculteurs qui ont choisi de faire de ces ”contraintes environnementales” un atout au service de leur revenu. Nous soutenons avec force ces paysans qui ont su s’extraire d’une folle course à l’intensification imposée par un système agro-industriel fortement intégré dont les agriculteurs ne constituent qu’une variable d’ajustement.

La PAC, injuste, asociale et non écologique, connaît une grave crise de légitimité. Il faut arrêter de gaspiller l’argent public dans un modèle agricole industriel à bout de souffle. Il faut investir dans les agricultures d’avenir, riches en emplois et socle de la vitalité de nos territoires. C’est pour cela que nous soutenons une PAC forte, à budget constant, avec un soutien au revenu plafonné à l’actif et à l’exploitation, à même de réconcilier agriculture, emploi, environnement et santé. Mais si le verdissement annoncé s’avérait trompeur, notre responsabilité à l’égard des contribuables et de la société civile nous obligerait à retirer notre soutien. La France, acteur-clef dans cette négociation, a une lourde responsabilité.

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18
février
2011

Ces films, d’une durée de 15 minutes chacun, pointent l’engrenage productiviste et industriel dans lequel 40 ans de choix politiques erronés ont enfermé l’agriculture française et les agriculteurs, au prix d’une dégradation dramatique de la ressources en eau.

Pouvoirs publics, agriculteurs, associations et experts témoignent de l’ineptie du système, des conséquences sur la ressource en eau, et des investissements publics massifs nécessaires pour y remédier.

Refusant la dénonciation et la stigmatisation, ces films sont avant tout des témoignages de terrain montrant que dès à présent des solutions existent, créatrices de mieux-être et d’emplois pour sortir de ce cercle vicieux. En effet, l’agriculture de demain ne pourra se faire qu’en prenant en compte la préservation de l’environnement et le retour aux valeurs paysannes.

Film 1 / Eure-et-Loir : du poison dans l’eau.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_profilepage&v=eiqiEwz011g

La France, est le 3ème pays consommateur de pesticides au monde en volume, avec plus de 70 000 tonnes annuelles répandues sur nos terres dont 90% pour l’agriculture. Le département de l’Eure-et-Loir, qui s’est spécialisé dans la production intensive de céréales, est un cas emblématique de cette utilisation irraisonnée d’intrants chimiques. Les eaux de surfaces et souterraines sont largement contaminées par les nitrates et pesticides. Près de 10% de la population reçoit de l’eau non potable au robinet.
Pour tenter de rémédier à cette situation des investissements publics massifs sont en cours, et on prévoit une forte augmentation du prix de l’eau. Malgré cela, la céréaliculture intensive perçoit toujours des aides massives de la PAC.
Des acteurs institutionnels et des associations tirent la sonnette d’alarme. Le lycée agricole s’emploie à expérimenter des solutions.
Ce film vient compléter le rapport du WWF « Gestion de l’eau en France et politique agricole : un long scandale d’Etat ».

Film 2 / Gers : un maïs arrosé d’argent public.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_profilepage&v=qlblTbgbMy0

Le Gers, haut lieu de la gastronomie française avec son foie gras et son armagnac donne l’image de ces petits coins de campagne symbolisée par le film de Chatillez « Le bonheur est dans le pré ». On ne peut imaginer qu’à quelques kilomètres de là un enjeu écologique majeur se joue. 25% de la surface agricole utile est dédiée à la culture du maïs, une céréale très consommatrice d’eau. Par une culture inconsidérée du maïs, la ressource en eau de ce territoire se trouve très fortement impactée et menacée.
Or ce sont les aides de la Politique Agricole Commune au maïs irrigué qui ont poussé les agriculteurs vers ce type de culture et ce sont les Agences de l’eau qui financent la création de bassins pour assurer l’irrigation. Ce sont donc les ménages qui paient la facture: le contribuable via la PAC, le consommateur via sa facture d’eau.
Pourtant des agriculteurs, bio notamment, montrent que d’autres systèmes sont possibles.

Film 3 / Bretagne : le raz de marée des algues vertes.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_profilepage&v=Iv7qZDMbGIs

En France, la contribution des nitrates dans la pollution des eaux souterraines et superficielles ne cesse d’augmenter. Selon l’IFEN, depuis 1990, la qualité des cours d’eau s’est encore dégradée pour atteindre 20% d’état médiocre ou mauvaise. 66% des nitrates de nos eaux continentales proviennent de l’épandage massif d’engrais azotés et de lisiers par les éleveurs industriels. Dans le département des Côtes d’Armor, la situation devient dramatique sur le littoral avec la multiplication des algues vertes. L’échec est total : l’emploi agricole a diminué et la situation sociale d’un bon nombre d’éleveurs est elle aussi critique.

Là encore la facture est lourde pour le contribuable. Pourtant des agriculteurs expérimentent au quotidien des alternatives qui s’avèrent bénéfiques pour l’environnement, l’emploi et le revenu.

Ces films illustrent quelque unes des dérives de l’agriculture industrielle remarquablement décrites par la journaliste Isabelle Saporta dans Le livre noir de l’agriculture, comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement (Fayard).

1
décembre
2010

L’ICCAT : des décisions décevantes et un manque de transparence

Les parties prenantes ont fixé un Total Admissible de Captures (TAC) de 12 900 tonnes pour 2011, soit une baisse de 600 tonnes par rapport à 2010, bien loin du maximum de 6 000 tonnes recommandé par les propres scientifiques de l’ICCAT.

Aucune mesure concernant la protection des zones de reproduction n’a été adoptée malgré de nouveaux éléments scientifiques allant dans ce sens et les prises de position de certains Etats et des ONG environnementales.

Malgré des éléments positifs sur le renforcement des contrôles, les problèmes concernant les transferts de poissons vivants n’ont pas été pris en compte et la pêche industrielle à la senne va perdurer bien que cette filière soit incontrôlable.

Une fois de plus la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (ICCAT) n’a pas rempli son rôle. « Il est incroyable que cette instance continue à céder aux intérêts à court terme de certains sans se soucier réellement de la pérennité du stock ni de l’avenir de la pêche artisanale », s’indigne Isabelle Autissier, présidente du WWF-France.

« L’ICCAT n’est en rien une instance démocratique. Alors que cette commission est en charge de la gestion d’une ressource commune, les décisions se prennent derrière des portes closes entre diplomates n’ayant pour objectifs que de préserver des intérêts nationaux » déclare Charles Braine, Responsable du programme pêche durable au WWF-France.

« Quel sort funeste réserve-t-on au thon rouge en cette année internationale de la biodiversité ? », s’interroge Serge Orru, Directeur général du WWF-France.

A l’instar de la Norvège, le WWF estime que l’ICCAT doit accroître considérablement sa transparence et son ambition afin de devenir réellement une commission de « conservation » d’espèces marines.

La France perd sur tous les fronts : en ne voulant pas donner l’exemple, elle se tire une balle dans le pied car elle sera la seule à avoir un quota drastiquement réduit en 2011.

En octobre, la France avait pris la tête d’une fronde contre la commissaire européenne, Mme Damanaki, qui avait proposé un TAC de 6000 tonnes, seul montant permettant de respecter le principe de précaution et la directive cadre « Stratégie pour le milieu marin ». Un TAC de 12 900t peut donc sembler être une victoire pour le gouvernement français.

Mais la France, ayant pêché le double de son quota en 2007, a une dette en thons rouges qui s’élève à 1510t pour 2011 et 2012 et qui seront soustraites de son quota, ce qui ne laisse qu’environ 900 tonnes à pêcher pour la France.

« Si Bruno Le Maire est réellement soucieux des emplois, il doit absolument donner la priorité à la pêche artisanale ! Contrairement à ce qu’il a fait en 2009 et 2010 quand il a imputé ce remboursement aussi aux petits métiers alors que, eux, n’avaient pas triché ! », demande Charles Braine, Chargé de programme pêche durable au WWF-France.

A l’ICCAT, la France aura tout fait pour obtenir un rééchelonnement de cette dette.

Alors que la délégation européenne n’avait aucun mandat pour renégocier la dette française en thon rouge, la diplomatie parallèle française a agi dans les coursives pour tenter d’échapper à sa peine. Le hasard et la francophonie faisant bien les choses, le Maroc est venu au secours de la France en proposant un amendement visant à étaler les remboursements. Heureusement, la Norvège a bloqué ce processus, soutenue, ironie de l’histoire, par l’Union Européenne qui a souligné le caractère laxiste de cette proposition…

Dans un entretien au journal Libération mercredi dernier, Bruno Le Maire déclarait  « vouloir systématiquement donner l’exemple, c’est se tirer une balle dans le pied ». « Pour le thon rouge, la France n’aura non seulement pas donné l’exemple mais se sera en plus tiré une balle dans le pied : elle sera la seule à avoir un quota drastiquement réduit en 2011 », constate Isabelle Laudon, Responsable des politiques européennes au WWF-France.