En adoptant un modèle industriel il y a une cinquantaine d’années, l’agriculture européenne a eu des impacts majeurs sur l’environnement (pollution des eaux, dégradation des sols, émissions de gaz à effet de serre…) ainsi qu’au niveau socio-économique (exode rural, déstabilisation des productions agricoles des pays en voie de développement par les exportations européennes, endettement des agriculteurs…).La Politique Agricole Commune (PAC), quant à elle, est de plus en plus critiquée pour son manque de légitimité, en accordant la majorité des subventions (70%) à une minorité d’agriculteurs (30%), et en ne soutenant que trop peu les agriculteurs les plus respectueux de l’environnement.

La France, en tant que pays agricole de 1er plan et 1er bénéficiaire des aides de la Politique Agricole Commune, a les moyens et la responsabilité de peser pour un changement de ce modèle agricole.

La présidence française de l’Union Européenne doit être l’occasion de réfléchir à une réorientation de la PAC vers le soutien aux agricultures durables, qui prouvent leurs effets bénéfiques sur l’environnement et le développement des territoires, au Nord comme au Sud : agriculture biologique, élevage extensif, systèmes de commercialisation locale des produits, etc.

2 étapes majeures du processus de réforme de la PAC vont avoir lieu sous présidence française : son bilan de santé pour apporter des améliorations entre 2009 et 2013, et une réflexion sur les fondements de la prochaine PAC, après 2013.

Ces 2 événements doivent permettre de poser les bases d’une nouvelle PAC restaurant la légitimité des subventions à l’agriculture par une répartition plus équitable des aides fondées sur des exigences environnementales fortes.