Bonne surprise, lundi 13 octobre à Barcelone, à l’occasion du congrès mondial pour la Conservation de la Nature (UICN), où l’Espagne et le Japon ont fait bouger les lignes concernant la gestion des ressources de thons rouges de Méditerranée.

Ces deux pays, qui sont pourtant largement impliqués dans la disparition qui menace actuellement l’espèce, se sont contre toutes attentes ralliés à la majorité des parties présentes, en votant pour une motion qui préconise la fermeture temporaire de la pêcherie.

Seules conditions de réouverture de la pêche : une réelle mise sous contrôle de la pêcherie, et l’établissement d’aires protégées dans les principales zones de reproduction.

Au delà de ces mesures d’urgence, la motion se place également, à plus long terme, dans une logique de gestion durable de la ressource.

Elle propose ainsi que les recommandations scientifiques soient enfin réellement suivies dans la fixation des quotas de pêche. Cela changerait de la situation actuelle, où la Commission européenne reconnaît elle-même que les quotas dépassent de 42 à 57% les limites préconisées par les scientifiques ! Tout ça sans compter la pêche illégale, au delà des quotas, qui vient finir d’épuiser les stocks.

Autre mesure phare de la motion, la fermeture de la pêcherie pendant la saison de frai (mois de mai et juin) offrirait le répit nécessaire au maintien de l’espèce.

Simple décision de bon sens, face à une gestion chaotique, qui n’a que trop duré, l’engagement de l’Espagne et du Japon est un pas de plus vers la responsabilisation de la communauté internationale sur la question du thon rouge.

Cependant, la partie est encore loin d’être gagnée : c’est à la prochaine réunion de l’ICCAT[1] du 17 au 24 novembre prochains, que sera fixé l’avenir de l’espèce.

Dans quelques jours, les 27 se réuniront pour décider du mandat à confier au représentant de l’Union européenne qui siègera à l’ICCAT.

On espère qu’à l’image de l’Espagne et du Japon, la présidence française parviendra à accompagner les 27 vers une décision dépassant les intérêts nationaux, et qui jettera les bases d’une gestion durable du thon rouge.

Or ce résultat n’est pas gagné d’avance : si en apparence, l’Union européenne n’a plus qu’à suivre des rails pour prendre les mesures qui s’imposent, il faut encore rester vigilant.


[1] Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés en Atlantique.