Posté par Isabelle Macé le 22 oct 2008 | dans : Energie-Climat |
Suite au Conseil Environnement de l’Union européenne, qui s’est tenu hier à Bruxelles, les ONG environnementales reprochent aux ministres européens de l’Environnement d’avoir pénalisé l’émergence de secteurs d’activité innovants et fortement créateurs d’emplois, en maintenant leur soutien à des industries largement inefficaces sur le plan énergétique. Au cours des débats sur le paquet énergie-climat de l’Union européenne, les ministres ont par ailleurs fortement édulcoré la proposition de réduction des émissions dans les secteurs non-industriels, compromettant du même coup la possibilité d’améliorer le sort des ménages européens en difficulté depuis le renchérissement de l’énergie.
La référence au protectionnisme, qui a occupé une place de choix au cours des discussions du Conseil Environnement de l’Union européenne, a également conduit les ministres à défendre en priorité les intérêts court-termistes de branches minoritaires de l’industrie européenne. Corollaire d’une telle position, l’adoption de mesures de protection des citoyens de l’Union face aux impacts les plus néfastes du changement climatique a été sacrifiée, de même que l’objectif de réduction de la dépendance à l’égard de combustibles fossiles de plus en plus onéreux. Les ministres ont par là même ouvert la voie à l’allocation gratuite de quotas de CO2 pour la production électrique, tout en affaiblissant les règles conditionnant l’octroi de permis gratuits aux industries manufacturières.
L’inertie dont a fait preuve l’Union européenne a amené les ONG de l’environnement que sont le Réseau Action Climat Europe, Greenpeace, les Amis de la Terre-Europe et le WWF à exprimer leur déception : « Les débats ont atteint un niveau extrêmement bas aujourd’hui, et ont favorisé la formulation d’exigences opportunistes de la part des gouvernements polonais et italiens, bien décidés à donner toute latitude d’action aux industries traditionnelles et inefficaces sur le plan énergétique, et ce aux dépens de l’innovation et des créations d’emplois. Ces positions sont d’autant plus ironiques que les ministres ont par ailleurs exprimé leurs profonds espoirs de réussite pour le sommet des Nations unies sur le climat qui se tiendra l’année prochaine à Copenhague ».
Une semaine tout juste après le déblocage de 2000 milliards d’euros destinés à soutenir le secteur financier de l’Union, les Etats membres n’ont pas trouvé mieux que de remettre en cause l’engagement qu’ils avaient pris d’investir d’ici 2020 les 70 à 90 milliards d’euros nécessaires du paquet énergie-climat pour sauvegarder le bien-être des générations futures.
Quant aux gouvernements italiens et polonais, ils tardent non seulement à percevoir les enjeux considérables que recèle une telle situation, pour l’Europe comme pour le monde, mais également à anticiper la gravité des menaces liées à l’absence de lutte contre les changements climatiques. Signe encore plus inquiétant, le gouvernement polonais a prouvé son incapacité à conduire activement les prochaines négociations internationales sur le climat organisées dans son pays en décembre prochain. Face à l’urgence climatique, la communauté internationale se trouve privée de leader. Elle devra, coûte que coûte , trouver un nouveau « capitaine climatique ».



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