Dans une lettre ouverte adressée le 24 novembre au Président en exercice de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy, les ONG françaises et européennes ont fait part de leurs positions minimales pour que le paquet Energie Climat ait encore un sens. En effet, les négociations en cours, conduites par la France, sont en train d’affaiblir considérablement le texte initial, notamment en raison de l’opposition de la Pologne, de l’Allemagne et de l’Italie.

Les ONG y spécifient les lignes rouges en deçà duquel le paquet perdrait son sens et son utilité. En effet, si les ONG ont fermement soutenu la volonté de la France d’adopter le paquet sous sa présidence de l’Union européenne et avant la conférence internationale de Poznan, elles ne pourraient que dénoncer un ensemble législatif en grande partie vidé de sa substance et donnant à la communauté internationale l’image d’une Europe frileuse, repliée sur ses intérêts économiques à court terme. Si l’Europe ne se lance pas dans la révolution énergétique, créatrice de millions d’emplois, et n’aide pas les pays en développement à faire de même et à s’adapter aux conséquences du réchauffement, pourquoi ceux-ci adhéreraient à un accord international ?

Maintien de l’objectif d’une réduction de 30% des émissions de l’UE réalisée en grande partie sur le territoire européen, utilisation du revenu des enchères dans la lutte contre le réchauffement climatique dont la moitié pour soutenir les pays en développement, maintien de la mise aux enchères, système de sanction efficace, tels sont les demandes du WWF et des autres ONG.

Si ces lignes étaient franchies, ce serait un signal extrêmement négatif envoyé par l’Union européenne à la communauté internationale et cela signifierait l’échec des négociations internationales actuellement en cours à Poznan (Pologne). Ce serait aussi un échec de l’Europe, sous présidence française. Un échec pour l’avenir du climat mondial..