Posté par Isabelle Macé le 04 déc 2008 | dans : Energie-Climat |
Du 1er au 12 décembre ont lieu à Poznan les négociations sur le Climat. L’Europe y est attendue au tournant. En effet, les chefs d’Etat des 27 s’étaient fixés en mars dernier un objectif de réduction de 30% des émissions européennes de CO2 d’ici à 2020. Cet objectif ambitieux est indispensable si l’on veut échapper à un réchauffement global supérieur à 2°C d’ici à 2100.
Or, dans le contexte actuel de crise économique, certains Etats membres sont en train de revoir leur copie à la baisse, préférant se borner à des logiques de court terme au lieu de répondre aux défis qui se posent à long terme. Ainsi, la Pologne, l’Allemagne et l’Italie se placent en tête de la fronde lancée contre un paquet Energie Climat ambitieux.
Pourtant, les arguments des détracteurs du paquet ne tiennent pas la route…
Ainsi, en Pologne, le Gdansk Institue for Market Economics a analysé le rapport Energsys 2030, réalisé par l’Association des Electriciens Polonais. Ce rapport, qui livre une évaluation alarmiste des impacts du paquet Energie Climat en Pologne, a fortement influencé la position du gouvernement polonais dans les négociations. Or, l’étude du Gdansk Institue for Market Economics met à bas une grande partie des conclusions de ce rapport.
Outre Rhin, c’est l’Oko Institut qui démontre dans un rapport que la proposition mise sur la table par l’Allemagne est bien moins ambitieuse que celle avancée par le Parlement européen. En Effet, l’Allemagne tente, par un recours exacerbé aux Mécanismes de Développement Propre (MDP) - représentant, selon l’Oko Institut, de 70% à 82% de l’effort de réduction des émissions allemandes, alors que la proposition du Parlement européen s’échelonne entre 40% et 58%-, à minimiser l’effort qu’elle aura à fournir sur son territoire pour réduire ses émissions de CO2. Or on sait que les MDP se traduisent trop souvent par des projets manquant de fiabilité (ils pèchent notamment par une application laxiste des critères du développement durable). En outre, de la « création » de CO2 évitée à l’étranger ne correspond pas à une réduction effective des émissions en Europe.
Enfin, face à une industrie italienne frileuse, utilisant l’argument financier pour affaiblir le paquet Energie Climat, des ONG italiennes ont produit une note prouvant qu’en cas d’inaction collective, l’Italie payera plus cher que la moyenne des autres Etats membres.
Au moment où l’Europe peut montrer à l’ensemble de la communauté internationale qu’il est possible d’agir, cette politique de l’autruche n’est plus acceptable : pour s’engager sur la voie d’un développement plus durable, les pays développés doivent dés aujourd’hui mettre en œuvre les moyens existants pour réduire durablement leurs émissions. Car au-delà des frontières de l’Europe, c’est à l’avenir climatique du monde entier que ces contres-vérités risquent de porter atteinte.

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