Posté par Isabelle Macé le 10 déc 2008 | dans : Energie-Climat |
Bruxelles (Belgique). Les chefs d’Etat et de gouvernement européens se réunissent demain pour finaliser le Paquet Energie-Climat qui définira l’ambition de la politique climatique de l’Union pour les 12 prochaines années. Du résultat de cette réunion dépend la crédibilité de la diplomatie climatique européenne. Alors que la conférence internationale de Poznan touche à sa fin, le WWF rappelle les 7 lignes rouges qui ne doivent pas être franchies si l’Union souhaite être à la hauteur du défi climatique et envoyer un signal positif fort à la communauté internationale.
1/ L’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE doit passer de 20 à 30 % une fois un accord climatique satisfaisant conclu à l’échelle internationale
Tout mécanisme complexe retardant ou limitant la révision à la hausse de cet objectif doit être exclu.
2/ Les réductions d’émissions doivent être réalisées sur le territoire européen, et non reposer sur l’achat de crédits externes à l’Union européenne.
Or, dans la proposition de décision sur le Partage de l’effort, le Conseil prévoit actuellement un recours aux crédits externes à hauteur de près des deux tiers (65,7 %) des réductions d’émissions incombant aux Etats membres. De même, dans la proposition de directive sur le SCEQE (système européen d’échange de quotas d’émission), le chiffre de 50 % retenu pour le scénario de réduction de 20 % fait l’objet de pressions à la hausse.
3/ Pour arriver à un accord climatique international substantiel capable de limiter les changements climatiques, les pays développés se doivent d’apporter une aide financière aux pays en développement en vue de favoriser l’adaptation de ces derniers aux impacts déjà inévitables du changement climatique, mais également de réduire leurs émissions ainsi que le rythme de la déforestation. L’Union européenne doit donc prendre des engagements de cette nature notamment grâce à l’allocation d’une partie des revenus tirés de la mise aux enchères des quotas d’émission.
4/ Concernant la décision sur le Partage de l’effort, un mécanisme de surveillance et de sanction efficace doit être mis en place pour garantir l’effectivité des mesures de réduction d’émissions des Etats membres.
5/ Concernant la directive SCEQE, la mise aux enchères des permis d’émission doit concerner l’ensemble des industries. Seuls les secteurs avançant des preuves scientifiques des pertes de compétitivité peuvent prétendre ne pas y être assujettis ; or ces dernières dispositions ne concernent de toute évidence pas le secteur électrique.
6/ La trajectoire linéaire de réduction des émissions soutenable au-delà de 2020 doit être maintenue, notamment pour donner les perspectives d’investissement nécessaires aux industriels.
7/ Concernant la directive sur la Capture et la Séquestration du Carbone, un seuil maximal d’émissions, indépendant de la technologie utilisée (les centrales à charbon mais également à gaz sont concernées), doit être introduit.
Ce qui va se jouer dans les 48 heures est d’une grande importance pour l’image que l’Europe donnera à ses concitoyens et au monde dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques. Afin d’alerter l’opinion publique sur les responsabilité qui incombent à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le WWF, la Klima Allianz et le Réseau Action Climat ont fait paraître mercredi 10 et jeudi 11 décembre une lettre ouverte dans la presse française et allemande (Financial Times, International Herald Tribune, European Voice, Le Monde, Les Echos, Le Figaro, Handelsblatt, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Süddeutsche Zeiting, The Financial Times Deutschland).
Lettre ouverte disponible sur http://www.panda.org/about_wwf/where_we_work/europe/what_we_do/wwf_europe_environment/initiatives/climate/publications/index.cfm?uNewsID=152362.

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