Le texte, adopté aujourd’hui par les 27, comporte un seul engagement ferme de la part de l’Union Européenne. Cet engagement, qui consiste à réduire les émissions européennes de 20% d’ici à 2020 par rapport à 1990, se traduirait, par rapport à aujourd’hui, par une baisse d’environ 12%. Si l’on tient compte du fait que les deux tiers de cette réduction pourront se faire via des mécanismes de compensation carbone - c’est à dire l’achat de crédits carbone sur le marché international - c’est une diminurtion de seulement 4% de ses émissions sur son territoire que s’est engagée l’UE. C’est insuffisant pour faire avancer les négociations internationales. C’est insuffisant pour faire du compromis d’aujourd’hui un compromis historique

Autre manque flagrant du compromis : aucun engagement ferme visant à soutenir les pays en développement dans leurs efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre n’a été pris. L’UE s’est engagée de manière simplement volontaire à utiliser la moitié du revenu de la mise aux enchères des droits à polluer de l’industrie pour le climat. Un revenu que les multiples exemptions accordées aux industriels réduisent à une peau de chagrin. Le compromis stipule qu’une partie de cet argent pourrait aller au soutien des pays en développement… pour les pays européens qui le souhaitent. Il s’agit uniquement d’un engagement sur une base volontaire. Un engagement bien faible pour une question pourtant cruciale dans les négociations internationales.

Les chefs d’Etat européens peuvent se satisfaire d’avoir réussi à trouver un compromis. Mais ils doivent également reconnaître que la qualité du compromis n’est pas à la hauteur pour impulser une dynamique positive dans les négociations internationales, et entamer la révolution énergétique et industrielle qu’ils appellent de leurs vœux dans leurs discours.