Comme chaque année, le destin du thon rouge se joue à la conférence annuelle de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique, ou CICTA, plus connue sous son acronyme anglophone « ICCAT ». Une trentaine d’espèces relèvent de l’ICCAT mais pour ce qui nous concerne c’est évidemment le thon rouge pêché en Méditerranée qui est au centre de nos préoccupations.
Ces réunions annuelles sont une litanie d’échecs successifs comme le démontre l’état des populations de l’espèce qui sont au bord de l’effondrement. Crée en 1966 et entrée en vigueur en 1969, l’ICCAT n’a jamais réussi à atteindre l’objectif premier de sa création : mettre en place une gestion durable (on disait « rationnelle » à cette époque) des thonidés et poissons-épées et en particulier du thon rouge.
Chaque année les scientifiques de l’ICCAT déterminent un quota de pêche, chaque année les représentants des pays accordent un quota bien supérieur et chaque année, en mer, les bateaux pêchent deux à trois fois ce qui était autorisé. Ainsi allait le monde des pêcheurs de thonidés avec un summum atteint en 2007, quand l’exagération n’a plus été acceptable. Cette année là, les Français ont réussi l’exploit de déclarer officiellement des captures supérieures à leur quota oubliant même de dissimuler ces excès.
A la conférence de 2008, le WWF a redoublé d’effort en se fondant sur des éléments scientifiques solides démontrant l’effondrement des stocks. Il défendait l’idée d’un moratoire, appuyé par d’autres ONG et certains Etats de l’ICCAT. Mais encore une fois les résultats furent décevants, le moratoire repoussé et le quota accordé au-dessus de celui préconisé par les scientifiques. Confirmant cet échec, un audit indépendant concluait que l’ICCAT avait failli à toutes ses missions et qu’elle était un exemple d’échec patent en matière de gestion des pêches.
Alors pourquoi continuer à participer à cette mascarade en 2009 vous demandez-vous sans doute comme nous nous le sommes demandés nous-mêmes ? Cliquez pour lire la suite »
