6
novembre
2009

Comme chaque année, le destin du thon rouge se joue à la conférence annuelle de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique, ou CICTA, plus connue sous son acronyme anglophone « ICCAT ». Une trentaine d’espèces relèvent de l’ICCAT mais pour ce qui nous concerne c’est évidemment le thon rouge pêché en Méditerranée qui est au centre de nos préoccupations.

Ces réunions annuelles sont une litanie d’échecs successifs comme le démontre l’état des populations de l’espèce qui sont au bord de l’effondrement. Crée en 1966 et entrée en vigueur en 1969, l’ICCAT n’a jamais réussi à atteindre l’objectif premier de sa création : mettre en place une gestion durable (on disait « rationnelle » à cette époque) des thonidés et poissons-épées et en particulier du thon rouge.

Chaque année les scientifiques de l’ICCAT déterminent un quota de pêche, chaque année les représentants des pays accordent un quota bien supérieur et chaque année, en mer, les bateaux pêchent deux à trois fois ce qui était autorisé. Ainsi allait le monde des pêcheurs de thonidés avec un summum atteint en 2007, quand l’exagération n’a plus été acceptable. Cette année là, les Français ont réussi l’exploit de déclarer officiellement des captures supérieures à leur quota oubliant même de dissimuler ces excès.

A la conférence de 2008, le WWF a redoublé d’effort en se fondant sur des éléments scientifiques solides démontrant l’effondrement des stocks. Il défendait l’idée d’un moratoire, appuyé par d’autres ONG et certains Etats de l’ICCAT. Mais encore une fois les résultats furent décevants, le moratoire repoussé et le quota accordé au-dessus de celui préconisé par les scientifiques. Confirmant cet échec, un audit indépendant concluait que l’ICCAT avait failli à toutes ses missions et qu’elle était un exemple d’échec patent en matière de gestion des pêches.

Alors pourquoi continuer à participer à cette mascarade en 2009 vous demandez-vous sans doute comme nous nous le sommes demandés nous-mêmes ? Cliquez pour lire la suite »

6
novembre
2009

Le WWF appelle les pays se rencontrant du 6 au 15 novembre au Brésil à se mettre d’accord, de façon urgente, sur une interdiction temporaire de la pêche au thon rouge de l’Atlantique, seule mesure permettant d’éviter un effondrement imminent de l’espèce.

Alors que la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) est en pleine réunion annuelle à Récife (Brésil), ses 48 membres doivent se prononcer sur les mesures à prendre afin d’assurer l’avenir du thon rouge, une espèce trop longtemps victime de surpêche, voire de pêche illégale, au mépris des règles juridiques et des avis scientifiques.

«Le WWF ne veut pas voir disparaître le thon rouge, cette espèce magnifique qui a nourri les hommes pendant des milliers d’années. C’est à l’ICCAT de créer les conditions d’une exploitation durable de cette espèce. Jusqu’à présent, elle a totalement échoué dans ce domaine. Maintenant, elle n’a plus d’autre choix que de faire cesser la pêche pour permettre au stock de se reconstituer. C’est la seule issue possible, il n’y a pas de plan B. » affirme Sergi Tudela, responsable Pêche au WWF-Méditerranée.

Les propres analyses du comité scientifique de l’ICCAT reconnaissent d’ailleurs que seul un moratoire offrirait des chances de reconstitution du stock de thon rouge, jusqu’à présent surexploité dans l’Atlantique tout comme en Méditerranée. Le Comité scientifique de l’Organisation, réuni en octobre, a d’ailleurs démontré que le thon rouge répondait aux critères d’inscription à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette mesure d’inscription, proposée par la Principauté de Monaco, interdirait tout commerce international du thon rouge. Elle doit être soumise au vote en mars 2010.

Pour le WWF, cette interdiction du commerce est complémentaire au moratoire sur la pêche du thon rouge : Cliquez pour lire la suite »