Posté par Isabelle Laudon le 16 nov 2009 | dans : Pêche |
Ce matin la sous-commission 2 sur le thon rouge examine la question de la surcapacité de la flottille. L’an dernier l’ICCAT en avait défini les grands principes :
- chaque Etat doit fournir un plan de réduction de la surcapacité.
- pas de nouveau bateau en 2009.
- diminution de 25% de la surcapacité en 2010 (de la surcapacité pas de la capacité, ce qui signifie qu’il restera encore 75% de surcapacité).
La Commission européenne rappelle les règles du jeu : le comité scientifique a établi un taux de capture pour chaque type de navire. Ce taux permet de calculer la capacité de pêche pour chaque partie contractante, et de quantifier son éventuel surcapacité par rapport à son quota. Les - 25% doivent absolument être atteint sur le quota 2010. C’est sur cette base que doivent être examinés les plans de réductions qui vont maintenant être passés en revue.
L’exercice donne lieu à des échanges grinçants. Le plan croate annoncé comme conforme est retoqué par la Commission européenne : insuffisant pour atteindre les objectifs fixés.
Passe d’armes entre l’Union européenne et la Turquie
L’Union européenne détaille son plan de réduction : elle a appliqué le gel et elle est passé de 135 à 54 senneurs au total.
Le Japon rétorque que la surcapacité est toujours avérée, notamment dans la perspective d’une nouvelle baisse du quota cette année. L’Union européenne est-elle prête à de nouveau efforts ?
La Commission européenne s’emporte : « nous ne sacrifierons pas notre flotte alors que d’autres continuent à aller en mer. Soit tout le monde respecte les règles, soit personne ! Nous serons très fermes ! »
Mais à qui pense la Commission européenne ? Nous avons des éléments de réponse quand arrive le tour de la Turquie.
La Commission européenne : 247% de surcapacité pour la Turquie, c’est beaucoup trop !
La Turquie : ces bateaux sont opportunistes et ne pêchent pas que des thons rouges.
La Commission européenne : nos inspections semblent montrer qu’ils sont surtout opportuniste pour la pêche illégale ! Nous demandons à la Turquie de revoir son plan de réduction d’ici la fin de cette conférence car il est inacceptable en l’état. Nous avons des preuves qu’il y a eu triche et ne voulons pas avoir une liste d’infractions aussi longue l’année prochaine.
La Turquie : nous trouvons que c’est exagéré et que l’on sort des prérogatives de cette conférence. Il y a des parties qui veulent nous enlever toute notre capacité de pêche, mais c’est à nous de décider. Nous n’avons pas les moyens de l’Union européenne pour financer des sorties de flotte.
Fin de l’échange, le jugement final reste en suspens pour l’instant.
C’est une question centrale de la gestion des pêches : rien n’est possible quand les règles ne sont pas strictement appliqués. Les « mauvais » ruinent les efforts des « bons » et tirent la pêcherie vers le bas. Ce n’est pas durable.
C’est pourquoi la question du contrôle est un des piliers du concept d’UEGC (Unités d’Exploitation et de Gestion Concertées) que le WWF défend pour établir une gestion durable des pêches.

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