Posté par Isabelle Laudon le 16 nov 2009 | dans : Pêche |
La position de la France pèse - mais que de façon relative - sur celle de l’Union Européenne qui siège à la table des négociations, représentée par la Commission. Selon diverses informations glanées ici et là, il semble d’ailleurs que les représentants de l’UE s’octroient une autonomie qui n’est pas forcément du goût des délégations nationales. L’appui de la Commission européenne à la dérogation marocaine (cf. jour 3) a en particulier été assez mal reçu par les Etats européens qui ont entrepris des mesures assez radicales contre la pêche aux filets dérivants. On sent ici, que cette dérogation pourrait aboutir à un clash au sein de la profession, avec pour conséquence un retour de ces pratiques illégales dans les eaux communautaires. Comment l’Europe pourrait-elle condamner ses propres pêcheurs alors qu’elle soutient ces mêmes pratiques pour d’autres pays ?
Cette question revient sur la table aujourd’hui. Le Maroc a rédigé une recommandation formelle pour appuyer sa demande de dérogation qui doit être adoptée par l’assemblée des parties contractantes. Selon lui cette recommandation doit donner une assise légale à cette dérogation susceptible de rassurer les parties et de garantir l’exécution du plan d’éradication des filets dérivants.
Selon des informations recueillies auprès de pêcheurs marocains avec lesquels travaille notre bureau méditerranéen, les autorités marocaines ont, il y a quelques semaines, averti les pêcheurs que le nouveau règlement européen sur la pêche illégale imposait d’accélérer la transition et que tout devait être fini au 1er février 2010. Ce qui avaliserait l’hypothèse selon laquelle le Maroc tenterait de gagner du temps ici à l’ICCAT et qu’il aurait pu atteindre l’objectif bien plus vite.
Réponse des parties contractantes :
La Commission européenne durcit un peu le ton par rapport à la session précédente (sans doute à la suite des interventions des délégations nationales) mais valide et soutient même financièrement la transition à hauteur de 4-5 millions d’euros : « Bon d’accord, mais c’est la dernière fois et ce plan doit impérativement aboutir au premier janvier 2012 ! ». Brrrr ! Ils ont dû avoir très peur les Marocains, ils en tremblent encore.
Les Etats-Unis se dégonflent et ne se mouillent pas, disent même qu’ils seront là pour aider s’il le faut.
Le Japon dit que c’est injuste mais qu’il a de la sympathie pour le Maroc : alors d’accord, mais c’est la dernière fois, hein ?
Le Sénégal est d’accord.
Finalement la recommandation ne peut pas être adoptée car le Canada dit non. Ouf ! Le bon usage des deniers du contribuable européen sauvé par le Canada !!!
Le président renvoie tout le monde à ses chères négociations parallèles et indique qu’il ne remettra le sujet sur la table que s’il y a accord. Si ce n’est pas le cas, la plénière tranchera.
Sebastian (Greenpeace Espagne) rappelle que cette dérogation est contraire à une résolution des Nations Unies à laquelle l’ICAAT est censé se conformer. Un détail …
Nous nous interrogeons toujours sur les dessous de cette affaire pour laquelle les intérêts directs de la Commission européenne demeurent pour le moins obscurs. Faire le plein des appuis dans la petite guerre de la Commission contre la surcapacité de la Turquie ? Une boulette difficile à récupérer ?



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