Nous saluons, dans la décision du gouvernement français sur le thon rouge, l’annonce de la création d’une Zone Economique Exclusive, que nous avions appelée de nos voeux. Cette zone va permettre à ceux qui y pêchent, essentiellement la pêche artisanale, de pouvoir continuer à vendre leurs thons rouges sur le marché communautaire. Cette pêche à l’hameçon n’est pas celle qui nuit à l’espèce. En 2009, il lui avait été attribué moins de 300 tonnes de quotas de pêche quand les thoniers senneurs en recevaient 3000 tonnes. C’est la pêche industrielle, tournée vers le marché japonais, qui a détruit la ressource. L’interdiction de son commerce international y mettrait un coup d’arrêt définitif.

Il est grand temps que les pouvoirs publics, français et européens, fassent la différence entre la pêche industrielle destructrice et la pêche artisanale qui représente 80% des embarcations en France et en Europe. Les responsables politiques portent une lourde responsabilité dans l’effondrement de l’espèce car ils ont favorisé par les subventions publiques la surcapacité de pêche et le développement de la pêche industrielle. Nous demandons à ce que tout financement public qui aurait pour conséquence le soutien de la pêche industrielle cesse.

Nous appelons en revanche au soutien de la pêche artisanale. Cette pêche ancestrale, pratiquée de façon durable et correctement gérée, peut permettre de créer des emplois nouveaux, de recréer une filière française pour alimenter un marché intérieur, au lieu d’enrichir quelques armateurs millionnaires par l’exportation de poissons qui ne touchent même pas notre sol.

Le WWF est prêt à accompagner les petits métiers, à tester avec eux des techniques de pêche durable, comme il l’a fait en Guyane avec la pêche crevettière au chalut, ainsi qu’à expérimenter une nouvelle gouvernance de la pêche, comme il le fait avec les pêcheurs du Var. C’est cette pêche là qui doit être enfin reconnue, encouragée et soutenue.