La Commission européenne a présenté hier ses grandes orientations pour la réforme de la Politique agricole commune. Le WWF-France accueille positivement ces orientations qui préfigurent une PAC plus verte et plus juste.

La France contredite par Bruxelles

La Commission propose d’accroître les exigences environnementales qui conditionnent les paiements directs en rendant obligatoires la rotation des cultures, les couverts végétaux, la jachère environnementale et les prairies permanentes. Le contraste avec l’action du gouvernement français est flagrant puisque, dans les deux dernières années, il a fait marche arrière sur la mise en œuvre de ces trois dernières mesures.

« La Commission européenne prend à revers la position franco-allemande - qui avait relégué au rang d’option le développement durable -  ainsi que le ‘moratoire sur les obligations environnementales’ annoncées fin août par Nicolas Sarkozy. Le gouvernement français doit sortir de sa crispation qui ne prépare pas les agriculteurs français à leur avenir car il y aura plus d’environnement dans la future PAC », demande Isabelle Autissier, Présidente du WWF-France.

La directive-cadre sur l’eau enfin prise en compte

La Commission propose aussi d’intégrer la Directive Cadre sur l’Eau dans les obligations que devront respecter les agriculteurs pour recevoir une aide. « La France, on le sait, n’atteindra pas les objectifs de la directive cadre sur l’eau même en 2027. Et des Français ne peuvent pas boire l’eau du robinet à cause de sa contamination par les nitrates et les pesticides. Cette disposition est essentielle et nous demandons au gouvernement français de la soutenir activement » déclare Serge Orru, Directeur Général du WWF-France.

Un risque de « green washing » évident

Les orientations, très générales, présentées hier demandent cependant à être confirmées. « Le risque d’un verdissement trompeur est réel. Le WWF a posé trois conditions pour soutenir la proposition de la Commission européenne : des exigences environnementales nettement renforcées, un soutien accru aux mesures agro-environnementales et une allocation budgétaire substantielle à la nouvelle ‘composante écologique’ qui doit représenter plus de 50% du paiement unique. Sinon il n’y a pas de raison qu’autant d’argent public soit investi dans une politique agricole qui a des dommages collatéraux environnementaux importants », prévient Isabelle Laudon, Responsable des Politiques européennes au WWF-France.

La position franco-allemande remise en cause

Le WWF soutient le Commissaire Ciolos dans sa volonté d’une PAC plus écologique. « Cette volonté sera de toute évidence contrée par la France qui ne peut pas annoncer à Paris une pause environnementale et défendre à Bruxelles une PAC plus écologique.  Nous appelons le gouvernement français à se défaire de la position franco-allemande, fondée sur le statu-quo, et à aller vers une redéfinition des critères de l’octroi des aides telle que proposée par le commissaire Ciolos. On se demande d’ailleurs s’il y a toujours une position franco-allemande, les deux pays ayant réagi de manière diamétralement opposée à la communication de la Commission européenne », ajoute Isabelle Autissier.