Ces films, d’une durée de 15 minutes chacun, pointent l’engrenage productiviste et industriel dans lequel 40 ans de choix politiques erronés ont enfermé l’agriculture française et les agriculteurs, au prix d’une dégradation dramatique de la ressources en eau.

Pouvoirs publics, agriculteurs, associations et experts témoignent de l’ineptie du système, des conséquences sur la ressource en eau, et des investissements publics massifs nécessaires pour y remédier.

Refusant la dénonciation et la stigmatisation, ces films sont avant tout des témoignages de terrain montrant que dès à présent des solutions existent, créatrices de mieux-être et d’emplois pour sortir de ce cercle vicieux. En effet, l’agriculture de demain ne pourra se faire qu’en prenant en compte la préservation de l’environnement et le retour aux valeurs paysannes.

Film 1 / Eure-et-Loir : du poison dans l’eau.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_profilepage&v=eiqiEwz011g

La France, est le 3ème pays consommateur de pesticides au monde en volume, avec plus de 70 000 tonnes annuelles répandues sur nos terres dont 90% pour l’agriculture. Le département de l’Eure-et-Loir, qui s’est spécialisé dans la production intensive de céréales, est un cas emblématique de cette utilisation irraisonnée d’intrants chimiques. Les eaux de surfaces et souterraines sont largement contaminées par les nitrates et pesticides. Près de 10% de la population reçoit de l’eau non potable au robinet.
Pour tenter de rémédier à cette situation des investissements publics massifs sont en cours, et on prévoit une forte augmentation du prix de l’eau. Malgré cela, la céréaliculture intensive perçoit toujours des aides massives de la PAC.
Des acteurs institutionnels et des associations tirent la sonnette d’alarme. Le lycée agricole s’emploie à expérimenter des solutions.
Ce film vient compléter le rapport du WWF « Gestion de l’eau en France et politique agricole : un long scandale d’Etat ».

Film 2 / Gers : un maïs arrosé d’argent public.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_profilepage&v=qlblTbgbMy0

Le Gers, haut lieu de la gastronomie française avec son foie gras et son armagnac donne l’image de ces petits coins de campagne symbolisée par le film de Chatillez « Le bonheur est dans le pré ». On ne peut imaginer qu’à quelques kilomètres de là un enjeu écologique majeur se joue. 25% de la surface agricole utile est dédiée à la culture du maïs, une céréale très consommatrice d’eau. Par une culture inconsidérée du maïs, la ressource en eau de ce territoire se trouve très fortement impactée et menacée.
Or ce sont les aides de la Politique Agricole Commune au maïs irrigué qui ont poussé les agriculteurs vers ce type de culture et ce sont les Agences de l’eau qui financent la création de bassins pour assurer l’irrigation. Ce sont donc les ménages qui paient la facture: le contribuable via la PAC, le consommateur via sa facture d’eau.
Pourtant des agriculteurs, bio notamment, montrent que d’autres systèmes sont possibles.

Film 3 / Bretagne : le raz de marée des algues vertes.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_profilepage&v=Iv7qZDMbGIs

En France, la contribution des nitrates dans la pollution des eaux souterraines et superficielles ne cesse d’augmenter. Selon l’IFEN, depuis 1990, la qualité des cours d’eau s’est encore dégradée pour atteindre 20% d’état médiocre ou mauvaise. 66% des nitrates de nos eaux continentales proviennent de l’épandage massif d’engrais azotés et de lisiers par les éleveurs industriels. Dans le département des Côtes d’Armor, la situation devient dramatique sur le littoral avec la multiplication des algues vertes. L’échec est total : l’emploi agricole a diminué et la situation sociale d’un bon nombre d’éleveurs est elle aussi critique.

Là encore la facture est lourde pour le contribuable. Pourtant des agriculteurs expérimentent au quotidien des alternatives qui s’avèrent bénéfiques pour l’environnement, l’emploi et le revenu.

Ces films illustrent quelque unes des dérives de l’agriculture industrielle remarquablement décrites par la journaliste Isabelle Saporta dans Le livre noir de l’agriculture, comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement (Fayard).