Hier, au Conseil des ministres de l’Agriculture, le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos s’est vu contraint de proposer un assouplissement de sa proposition pour la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Il cède ainsi aux critiques des Etats membres sur le verdissement de la PAC alors que la proposition de la Commission représentait le minimum acceptable pour relégitimer une politique qui a échoué sur l’emploi et l’environnement.

Le WWF regrette que les Etats membres torpillent le verdissement proposé par la Commission alors que le Parlement européen ne s’est pas encore exprimé et que 89% des citoyens veulent qu’une plus grande part du budget européen soit allouée à l’environnement. En cette période d’austérité budgétaire, est-il encore possible de continuer à dégrader les ressources naturelles en dépensant 2/3 du budget de la PAC de manière non ciblée, alors que cette politique représente 40% du budget européen ?

Si cet affaiblissement se confirme, le WWF cessera de soutenir cette réforme et demandera un transfert massif des fonds du 1er pilier de la PAC (aide au revenu des agriculteurs) vers le 2e pilier  consacré au développement rural.

> Un dossier brûlant pour le nouveau ministre de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture qui sera nommé aujourd’hui est particulièrement attendu sur ce sujet brulant, des décisions devant être prises dans les semaines à venir. C’est sur ce dossier que l’on mesurera sa volonté de concilier agriculture, emploi et environnement car la PAC et ses
370 milliards d’euros vont structurer l’agriculture française pour les 7 années qui viennent (2014-2020).

> Le WWF France appelle le nouveau ministre à :

- plaider pour un renforcement de la proposition de la Commission sur l’existence  d’éléments du paysage (haies, bosquets, mares, etc.) sur 7% de la surface de l’exploitation, alors que Bruno Le Maire avait baissé au niveau national ce seuil de 5 à 3%. Cette mesure clé de la réforme est indispensable pour assurer la connectivité écologique et pour maintenir le potentiel agro-économique des exploitations ;

- soutenir au Conseil des ministres de l’Agriculture une rotation des cultures mettant fin à la monoculture, pratique désastreuse nécessitant un recours massif aux engrais et pesticides avec les effets que l’on connait sur la santé des agriculteurs et la contamination de l’eau ;

- plaider pour un accroissement des fonds consacrés au développement rural (Pilier 2), essentiels pour un développement équilibré de nos territoires.

- soutenir l’inclusion de la Directive Cadre sur l’Eau dans les conditions à respecter pour percevoir les aides de la PAC, ce qui ne serait pas un luxe puisque la France, notamment en raison des pollutions diffuses d’origine agricole, ne pourra atteindre les objectifs fixés par cette directive ni en 2015 ni en 2021, ce qui l’expose à des condamnations.


Source : Special Eurobarometer 365 Attitudes of European citizens towards the environment

http://ec.europa.eu/agriculture/survey/index_en.htm