La Commission européenne a adopté aujourd’hui une proposition de règlement définissant les règles de gestion de la pêche en eaux profondes.

Visant notamment la suppression progressive du chalutage des grands fonds, la proposition de la commissaire à la pêche Maria Damanaki avait déjà été bloquée le 12 juillet dernier par le commissaire français Michel Barnier en charge du marché intérieur. Prétextant un délai nécessaire à l’analyse des conséquences socio-économiques d’une telle décision, l’ancien ministre de la pêche souhaitait ainsi pouvoir empêcher cette interdiction. Frédéric Cuvillier, Ministre délégué à la Pêche, jugeait même qu’une telle mesure « ne serait pas acceptable » dans un communiqué du 17 juillet du Ministère de l’Ecologie. « Quand on sait que le chalutage profond est l’une des pratiques de pêche les plus destructrices et qu’elle impacte des écosystèmes et ressources à cycle de vie très lent, que faut-il juger d’inacceptable : interdire une telle pratique ou la défendre au nom des seuls intérêts privés de trois armements industriels ? » s’interroge Isabelle Autissier, présidente du WWF-France.

Cette position reflète hélas l’attitude récurrente de la France en matière de pêche : la défense de l’intérêt de quelques uns au détriment de la majorité et du bien commun. Le nouveau gouvernement il avait déjà défendu une position contrariante sur les orientations de la Politique Commune de la Pêche lors du Conseil des ministres européens du 12 juin dernier. Malgré « le changement », et semblant ignorer que 80% de la pêche française est une pêche artisanale, le gouvernement continue de protéger les intérêts d’une toute petite minorité : la pêche profonde ne représente que 1% des captures européennes.

« A l’heure où le Président de la République veut organiser une Conférence environnementale dont l’un des thèmes principaux sera la « biodiversité », comment comprendre cette position anti-écologique émanant du Ministère de l’Ecologie lui-même, désormais en charge de la pêche ? C’est inacceptable. Nous appelons la ministre de l’Ecologie à reprendre la question de la pêche en main et à être à la hauteur de cet enjeu écologique majeur qu’est l’avenir de nos océans »,  demande Isabelle Autissier.