6
avril
2010

L’agriculture n’a pas d’avenir dans un environnement dégradé

Réaction de WWF, FNH, FNCIVAM, FNAB, 4D, RAD, Solidarités aux propos de J.M. Lemétayer.

Nos organisations mettent en cause les propos inquiétants et inacceptables tenus jeudi 1er avril par le Président de la FNSEA. Ce discours s’inscrit dans une remise en cause générale des défis environnementaux par plusieurs responsables agricoles à laquelle nos responsables politiques sont manifestement sensibles, jusqu’à la Présidence de la République.

L’environnement est un atout pour les agriculteurs

Bien conscients de la crise économique et sociale que traverse aujourd’hui le monde agricole, nous rappelons que faire de l’environnement un bouc émissaire serait se tromper de cible et ne pas rendre service aux agriculteurs.

Le Président de la FNSEA s’obstine à opposer défense du revenu et protection de l’environnement. Or de nombreux agriculteurs dégagent aujourd’hui un revenu en faisant de l’environnement un atout et non une contrainte. Il existe en effet des modèles agricoles, pratiqués par des milliers de paysans en France, qui sont bénéfiques pour l’environnement, rentables économiquement et créateurs d’emplois. Il est temps d’en tirer les leçons. Loin d’opposer environnement et revenu, nous proposons au contraire que les agriculteurs soient reconnus et rémunérés pour les services environnementaux qu’ils fournissent à la société toute entière.

A moyen terme, les agriculteurs doivent  se préparer à un avenir dans lequel certaines ressources, telles que les énergies fossiles ou encore le phosphore, deviendront rares donc chères. Il s’agit d’anticiper les évolutions attendues. Enfin, à long terme, c’est mettre en danger l’avenir de l’agriculture et de nos sociétés que de baisser les exigences environnementales : l’agriculture dépend en effet entièrement des ressources naturelles (sols, biodiversité, eau…) et du bon fonctionnement des écosystèmes. Elle n’a donc pas d’avenir économique dans un environnement dégradé.

Le Commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, Dacian Ciolos, a lui-même déclaré récemment que « l’environnement est le meilleur argument en faveur de la PAC », allant ainsi à l’encontre des discours tenus en France. En effet, la PAC est confrontée à une profonde crise de légitimité tant sociale qu’environnementale.

Le modèle agricole actuel n’est plus légitime et coûte très cher à la société

Lorsque M. Lemétayer égraine le coût pour les agriculteurs des contraintes environnementales, il oublie de préciser le coût pour la société du modèle agricole industriel qu’il défend et notamment la responsabilité des pollutions agricoles dans la dégradation de la qualité de l’eau en France.

Nous rappelons que ce sont les consommateurs, via leur facture d’eau, qui paient le plus lourd tribut. Leur redevance représentant 90% des ressources des agences de l’eau. Et c’est sans compter ce que coûtera au contribuable les possibles condamnations de la France pour non respect des directives européennes sur l’eau.

Le dernier rapport de la Cour des Comptes* est sans appel : les pollutions liées aux nitrates et aux phytosanitaires sont le résultat de « l’insuffisante volonté de l’Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l’encouragement au productivisme et le choix d’une agriculture intensive ». Il préconise de « durcir l’encadrement réglementaire des pratiques agricoles » et de mettre les redevances liées aux pollutions agricoles, qu’il juge non dissuasives, « plus en rapport avec le coût de la dépollution ». Cliquez pour lire la suite »

18
mars
2010

Les Etats membres de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ont choisi - sur proposition insistante de la Libye - de voter aujourd’hui sur la proposition d’inscription du thon rouge à l’Annexe I.

> L’opposition de principe d’inscrire une espèce marine à haute valeur commerciale à la CITES

Beaucoup d’Etats se sont opposés par principe à ce qu’une espèce marine à haute valeur commerciale soit inscrite à la CITES estimant que la gestion durable de ces espèces relèvent des organisations régionales de gestion des pêches. Pour le thon rouge, il s’agit de la Commission Internationale pour la Conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT).

C’est justement parce que l’ICCAT a failli dans sa mission depuis 40 ans, amenant le stock au bord de l’épuisement, que Monaco a décidé de proposer son inscription à la CITES.

« Malgré des rapports scientifiques accablants, les échecs répétés de l’ICCAT et un ralliement progressif d’un grand nombre d’Etats, la communauté internationale a décidé de sacrifier le thon rouge sur l’autel des intérêts économiques à court terme, sans même prendre le temps d’un véritable débat » s’insurge Charles Braine, responsable du programme Pêche durable au WWF-France.

> Les tergiversations européennes : 6 mois de perdu pour arriver à une position ambiguë Cliquez pour lire la suite »

23
décembre
2009

WWF, FNH, FNE et 4D s’inquiètent de la « pause sur les mesures agro-environnementales (MAE) » demandée par le Président de la FNSEA et semble-t-il entendue par le Ministre de l’agriculture. En plein débat sur la réforme de la PAC et la mise en oeuvre des chantiers du Grenelle de l’environnement, ce combat d’arrièregarde est un très mauvais signal envoyé à la société civile et aux agriculteurs.
Il est faux de penser qu’avec moins d’exigences environnementales, le revenu des agriculteurs se redressera en 2010. C’est principalement la dérégulation des marchés qui est en cause dans la chute des prix agricoles, pas les normes environnementales. Il ne faudrait pas que le Ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, qui place la régulation des marchés au coeur de la réforme de la PAC, se laisse convaincre par cette tentative d’instrumentaliser les graves problèmes économiques rencontrés par les agriculteurs en ce moment.
Les Mesures agro-environnementales sont des incitations financières basées sur le volontariat : elles servent donc à soutenir le revenu des agriculteurs ! Le problème, ce n’est pas leur existence, mais leur financement en dessous des besoins et la complexité administrative de leur mise en oeuvre.
La FNSEA oppose défense du revenu et protection de l’environnement, comme si cela était
incompatible. Or à long terme, baisser les exigences de la responsabilité environnementale n’est pas rendre service aux agriculteurs : l’agriculture dépend entièrement des ressources naturelles (sols, biodiversité, eau…), elle n’a donc pas d’avenir économique dans un environnement dégradé. Cliquez pour lire la suite »