La tendance s’ébauchait depuis quelques mois déjà, mais elle semble se confirmer à l’issue de la première semaine de la conférence de Poznan : les pays en développement se sont bel et bien imposés en force constructive dans les négociations sur le changement climatique. Alors que nombre d’entre eux ont en effet déjà développé des plans nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, certains de leurs représentants ont également formulé des propositions concrètes au sujet de la coopération technologique et du financement des mesures d’adaptation et d’atténuation appelées à être réalisées sur leurs propres territoires.
décembre
2008
décembre
2008
A la suite des négociations de Bonn et d’Accra, l’Union européenne avait exprimé son profond regret de ne pas avoir formulé de propositions concrètes en matière de développement et de transferts de technologie pour le compte des pays en développement. Mais les excuses, aussi sincères soient-elles, n’induisent pas mécaniquement (et c’est bien dommage pour ceux qui les adressent) un changement de cap drastique et immédiat ! Aussi ne doit-on pas s’étonner d’une chose : qu’à la lecture des propositions européennes à Poznan, les initiatives dans ce domaine ne soient pas légion. Et lorsqu’il y en a, il s’agit généralement d’accords technologiques conclus sur une base volontaire, et qui ne sauraient donc correspondre au degré d’ambition requis pour une action rapide et efficace. De leur côté, les pays en développement ont clairement exprimé leur position : sans programme majeur de transferts technologiques en leur faveur, la conclusion de l’accord de Copenhague prévue en décembre 2009 risque d’être fortement compromise…
décembre
2008
Vu la manière dont est parfois présenté le Paquet Energie-Climat de l’Union européenne, on pourrait croire qu’il s’agit de la législation climatique la plus ambitieuse jamais élaborée dans le monde. En d’autres termes, une sorte de nec plus ultra alliant habilement lutte contre les dérèglements climatiques et recherche de l’indépendance énergétique pour le continent. Or l’on est légitimement en droit de se demander si cette dernière description correspond réellement à la réalité.
décembre
2008
A l’heure où la crise financière est en train de faire basculer les économies de l’Union européenne dans la récession, la tentation est grande pour les décideurs d’adopter un Paquet Energie-Climat minimaliste au nom de la défense de l’emploi en Europe. Ces atermoiements à l’échelle communautaire s’ajoutent, en France, au manque de visibilité des mesures adoptées dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Un nouveau rapport commandité par le WWF-France évalue à près de 700 000 le nombre d’emplois nets créés en France d’ici 2020, dans l’hypothèse d’une réduction des émissions internes de 30 %. Alors, qu’est-ce qu’on attend ?
décembre
2008
Enfin une bonne nouvelle pour réchauffer l’atmosphère poznanienne quelque peu rafraîchie par… la météorologie, et surtout par le manque d’ambition patent des décideurs européens ! Lundi, la Commission indépendante sur le changement climatique (CCC) du Royaume-Uni, organe chargé de conseiller le gouvernement sur le thème du changement climatique, a rendu publiques ses recommandations sur les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Or le chiffre annoncé rompt clairement avec les objectifs avancés jusqu’ici par l’Union européenne : pas moins de 42 % de réduction des émissions d’ici 2020, et de plus, il s’agit là d’un objectif de réductions internes, c’est-à-dire avec un recours très limité aux fameux crédits carbone provenant des pays en développement.
