5
novembre
2010

Communiqué de presse de : WWF, FNH, LPO, FNE, FNAB, FNCIVAM, RAD, 4D, CLCV Paris

Par un courrier cosigné par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno, le Ministère du Développement Durable (MEEDDM) vient de faire part de ses propositions pour une politique agricole commune (PAC) durable à partir de 2013, en en présentant les principes, architecture et éléments financiers. Il se prononce pour le maintien d’une PAC forte, dès lors qu’elle contribuera à la mise en place d’une agriculture durable à l’échelle européenne.

Les organisations signataires saluent ces propositions qui posent les bases d’une PAC renouvelée et re-légitimée mais dénoncent que, suite au communiqué de presse de la FNSEA, les propositions aient été retirées du site Internet du MEEDDM et regrettent fortement cette disparition qui nuit à la publicité d’un document nécessaire à l’information du public.

Une position garante des engagements français souscrits dans le cadre des conventions environnementales

La dégradation des écosystèmes causée par l’agriculture industrielle n’offre pas d’autres choix, aujourd’hui, que de réorienter les fonds publics de la PAC vers une agriculture capable de répondre aux engagements européens et nationaux en matière de lutte contre le changement climatique, l’érosion de la biodiversité ou la dégradation de la ressource en eau. Ces objectifs ont été consacrés au plus haut niveau puisque le Traité et la Charte des droits fondamentaux de l’UE commandent l’intégration de l’environnement dans toutes les politiques européennes et la PAC, avec 40% du budget européen, est la première concernée. Ils sont en accord avec les demandes exprimées par les consommateurs et les citoyens européens.

C’est dans ces objectifs que s’inscrit la proposition du ministère français de l’écologie, ce qui a suscité de vives réactions. L’agriculture concernant 60% du territoire français, c’est le silence de ce ministère qui aurait été surprenant. Il est urgent de sortir de la cogestion entre le Ministère de l’Agriculture et les organisations agricoles dominantes et d’y substituer une gouvernance élargie telle qu’elle fut pratiquée dans le Grenelle de l’environnement. C’est notamment ainsi que pourront être prises en compte les recommandations de la Cour des Comptes qui a dénoncé à plusieurs reprises, à propos de la contamination de l’eau par les nitrates et les pesticides, « l’insuffisante volonté de l’Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l’encouragement au productivisme et le choix d’une agriculture intensive ».

Les organisations signataires invitent donc le gouvernement à créer un groupe de travail interministériel sur la PAC pour préparer la position française dans les prochaines négociations européennes.

28
octobre
2010

27/10/10- Lors du conseil des ministres européens aujourd’hui, la France a pris la tête d’une fronde contre la Commissaire européenne à la pêche Maria Damanaki.

Cette dernière, pour remplir les engagements pris par l’Union Européenne et suivant les recommandations scientifiques, souhaite que le Total Admissible de Capture (TAC) de thon rouge soit divisé par deux pour l’année prochaine, ne dépassant pas les 6000 tonnes alors que Bruno Le Maire, ministre français de la pêche, a plaidé pour un status quo, soit le maintien d’un TAC à 13 500 tonnes pour 2011.

« Bruno Le Maire assène des contre-vérités afin de maintenir les intérêts de quelques-uns. Il prétend que 500 emplois de pêcheurs sont en jeu, alors que la baisse du quota à 6000 tonnes, ne toucherait que la pêche industrielle à la senne, soit 17 bateaux pêchant un mois par an. Contrairement à la pêche artisanale, cette pêche génère peu d’emplois à bord comme à terre – les thons étant vendus directement à des fermes d’engraissement étrangères – alors qu’elle capture l’immense majorité du quota français.» s’insurge Charles Braine, Responsable du programme Pêche Durable au WWF-France.

« La France a fait volte-face. En février dernier, elle considérait l’espèce en danger au point de prétendre vouloir en interdire le commerce international et aujourd’hui, pour des raisons visiblement électorales, elle mène la fronde contre la proposition équilibrée de la commission européenne. Rappelons-nous le temps où le Président de la République se posait en défenseur de l’espèce ! Tous les regards sont pourtant tournés vers la France où s’ouvre dans 3 semaines la prochaine réunion de l’ICCAT. C’est un bien triste message qu’envoie notre pays, qui possède le deuxième domaine maritime mondial, à l’heure où 80% des espèces pêchées sont surexploitées ou en passe de l’être. » s’inquiète Isabelle Autissier, Présidente du WWF-France.

La position de l’UE n’ayant pas encore été arrêtée, le WWF appelle le Président Sarkozy à respecter son engagement prononcé en clôture du Grenelle de l’Environnement selon lequel « la France sera, dorénavant, à la tête de la politique environnementale européenne, avec la Commission et le Parlement européens qui sont le moteur de cette politique. Toutes les initiatives de la Commission pour accroître les normes, nous les soutiendrons ».
Le cas du thon rouge est l’occasion parfaite pour la France de montrer si elle est à la tête ou à la traîne de la politique environnementale européenne.

5
octobre
2010

05/10/2010 -  Hier, répondant à une question sur les objectifs du Grenelle de l’Environnement dans Ouest France, Bruno Le Maire demandait « une pause en matière de règles environnementales ».
Il reprend en cela l’annonce faite par le président de la République le 28 août dernier à des agriculteurs : « j’ai demandé un moratoire sur les obligations environnementales qui vous sont imposées ».

Cette annonce est un recul du président de la République face aux multiples pressions des forces les plus conservatrices du monde agricole : il répond ainsi positivement à la demande de Jean-Michel Lemétayer du 21 décembre dernier d’une « pause »  dans l’application des mesures agro-environnementales.
Un double discours qui ne prépare pas l’avenir des agriculteurs

« On ne peut que dénoncer un double discours : le président de la République ne peut pas à la fois « croire à une agriculture durable », avoir « l’ambition de mettre la France au premier rang des pays qui construiront une agriculture durable » et en même temps demander un « moratoire » sur les obligations environnementales. C’est ne pas avoir compris que l’environnement peut être un atout pour les agriculteurs comme cela a été démontré par les dizaines de milliers d’agriculteurs qui l’ont mis au cœur de leurs pratiques tout en dégageant un  bon revenu. Avec un tel recul et en considérant l’environnement comme une « contrainte », le président Sarkozy ne sera pas le président de l’agriculture durable », analyse Serge Orru, Directeur général du WWF-France.
« En justifiant cette « pause » par la crise qui frappe le monde agricole, le président de la République et son ministre de l’Agriculture commettent une grave erreur. Est-ce l’obligation d’avoir 1% de particularités topographiques sur une exploitation qui met à mal le revenu des agriculteurs ou bien les coûts de production élevés de l’agriculture intensive qui recourt massivement aux engrais et pesticides ? L’environnement ne doit pas être le bouc-émissaire de la profonde crise structurelle de l’agriculture française.  La crise économique devrait au contraire inciter à accélérer la conversion du modèle agro-industriel français vers des pratiques durables » constate Isabelle Laudon, Responsable des politiques européennes au WWF-France.
Par ce recul, le président de la République et son ministre de l’Agriculture ne préparent pas l’avenir des agriculteurs français : d’abord, l’agriculture n’a pas d’avenir dans un environnement dégradé et les agriculteurs doivent se préparer au monde de l’après-pétrole et de la raréfaction des matières premières, ensuite il n’y a aura pas moins mais plus d’environnement dans la prochaine Politique Agricole Commune.

Des conséquences lourdes pour les agriculteurs, les écosystèmes et le contribuable

« Par ces annonces, le président de la République et son ministre de l’Agriculture balayent d’un revers de main les recommandations des plus hautes institutions de la République, comme le Conseil d’Etat et la Cour des Comptes. Cette dernière dénonçait dans son rapport 2010 « l’insuffisante volonté de l’Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l’encouragement au productivisme et le choix d’une agriculture intensive ». Il y a en effet trente ans d’insuffisante volonté dont les contribuables paient très lourdement la facture.  La remise en cause des couvertures hivernales, qui permettent de protéger les sols entre deux cultures, aggravera l’état déjà catastrophique d’une ressource en eau largement contaminée par les nitrates, rendant à certains endroits de plus en plus difficile de produire de l’eau potable. Ce n’est pas avec de tels assouplissements que le France échappera aux condamnations pour non respect des objectifs européens », prévient Isabelle Autissier, Présidente du WWF-France.
« L’annonce du président de la République est d’autant plus décevante qu’il avait, dans son discours de clôture du Grenelle, très courageusement reconnu que les agriculteurs étaient « les premières victimes des pesticides » et dénoncé le lobby « des firmes phytosanitaires ». Si l’objectif d’une réduction de 50% des pesticides d’ici 2018 était remis en cause, ce serait proprement irresponsable : il en va de la santé de dizaine de milliers d’agriculteurs. Nous appelons le président de la République à confirmer son engagement sur cet objectif », demande Serge Orru.
« Nous appelons avec force le ministre d’Etat, Jean-Louis Borloo, et la secrétaire d’Etat, Chantal Jouanno, à prendre clairement position. Il en va de leur devoir de défendre les objectifs du Grenelle mais aussi de prévenir toute aggravation de l’état de la ressource en eau en France, l’agriculture industrielle en étant la première cause de dégradation », ajoute Isabelle Autissier.
Cette crispation au plus haut niveau de l’Etat est inquiétante à la veille de la réforme de la PAC. « Dans six semaines le Commissaire européen à l’Agriculture qui considère, lui, que « l’environnement est le meilleur argument en faveur de la PAC » et aime à parler de « compétitivité environnementale » devrait présenter des propositions répondant aux grands défis environnementaux.  Pendant que la France, crispée, se montre incapable « d’entrer dans le monde d’après » pour reprendre le slogan du Grenelle », regrette Isabelle Laudon.

22
juin
2009

8 associations agricoles et environnementales ont lancé un Appel au Président de la République pour un remaniement ministériel véritablement écologique. Elles estiment que l’enjeu écologique du prochain remaniement réside surtout du côté du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Cet appel est paru lundi 22 juin dans le quotidien Libération.

2007 a vu la constitution d’un super-ministère du développement durable avec pour mission l’intégration du développement durable dans les politiques publiques de l’énergie, des transports et de l’aménagement du territoire. Nous nous félicitons de cet objectif même si des progrès restent à faire avec notamment l’appropriation des enjeux écologiques par les services issus des anciens ministères de l’Equipement, des Transports ou de l’Industrie.

Il apparaît donc que les plus hautes sphères de l’Etat ont commencé à prendre la mesure de l’urgence climatique, reste à ce que la volonté d’agir se traduise par une impulsion dynamique dans tous les rouages de l’Etat ainsi que dans les négociations internationales afin que la France incarne concrètement dans sa politique et son action le leadership qui devrait être le sien dans le développement d’une économie sobre en carbone qui sera le modèle de demain.

Mais le péril climatique n’est pas la seule urgence écologique : la perte de la biodiversité, la pollution des eaux et des sols sont aussi de graves réalités qui hypothèquent l’avenir des générations futures. Aussi, pour nous, le véritable enjeu du prochain remaniement ministériel se situe certes dans la sanctuarisation du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (MEEDDAT) avec un renforcement de son rôle de pivot et d’interface du développement durable au sein du gouvernement, mais aussi au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Quelle mission sera dévolue à ce grand ministère et quel(le) sera l’homme ou la femme capable de mener sa mutation? Cliquez pour lire la suite »

16
juin
2009

(Publié le 4 juin) - Alors que les Françaises et les Français vont choisir leurs représentants au Parlement européenne, le WWF-France rend public les réponses faites par les partis politiques sur cinq enjeux identifiés comme majeurs (crise climatique et nouvelles opportunités économiques, nouveau budget de l’Union et et new deal écologique européen, érosion de la biodiversité et préservation de l’eau, nouveau modèle de consommation et réduction de l’empreinte écologique, écosystèmes marins sains et filières de pêche responsable).

Premier constat, les formations interrogées ont toutes très largement répondu positivement aux propositions que leur a soumis le WWF.

La teneur des réponses traduit une prise de conscience par les acteurs du jeu électoral de l’importance politique des enjeux écologiques. On peut y voir un « effet Grenelle » mais surtout la prise en compte par les candidats d’une sensibilité de plus en plus accrue de l’opinion publique à toutes ces problématiques. Ainsi, loin donc d’être jugées irréalistes, les mesures préconisées par le WWF pourraient donc constituer un socle politique commun en France, de « Debout la République » au NPA. Cependant, on sait aussi qu’en période électorale, les partis sont souvent dans le registre des promesses multisectorielles qui ne sont pas obligatoirement suivies de concrétisations dans la réalité des politiques publiques.

Deuxième constat : Seuls l’UMP et Europe-Ecologie sont allés sur le terrain de l’argumentation contradictoire avec le questionnaire.

Les quelques réponses négatives de l’UMP reflètent la position classique de ce parti sur certains dossiers mais aussi le fait qu’il soit actuellement aux affaires. De plus, la position de Michel Barnier, animateur national de la campagne, tête de liste en Ile-de-France mais surtout actuel ministre de l’Agriculture et de la pêche n’est sans doute pas non plus étrangère à cette situation. En effet, les divergences avec les propositions du WWF portent, sans surprise, sur la réforme de la PAC, la fixation des quotas de pêche ou encore le principe d’une traçabilité complète du bois en Europe. Sur ces points, le candidat a le mérite d’être en accord avec le ministre.

Troisième constat : La problématique énergie-climat est bien comprise par les formations politiques alors que les autres enjeux, dont la PAC, suscitent des prises de position plus approximative.

Ainsi côté du Parti socialiste, on souscrit sans difficultés aux mesures précises proposées par le WWF dans le domaine de la pêche, l’agriculture et la biodiversité. On peut donc s’étonner qu’il ne soit pas allé aussi loin dans son programme (le traitement de la question agricole ne mentionne pas la refondation radicale de la PAC et le principe de la rémunération des services rendus par la nature) ou qu’il passe entièrement ces questions sous silence (pêche, biodiversité).

Finalement au vu des résultats, on déplorera que l’environnement n’ait pas fait davantage l’objet de débats publics pendant cette campagne européenne 2009.

NB : Seules les formations démocratiques présentant des listes sur l’ensemble des 8 circonscriptions électorales ont été interrogées soit 9 listes. 7 ont répondu au questionnaire. Nous les en remercions. Ce qui fait un taux de réponse de l’ordre de 80%.

L’analyse des réponses par enjeu, un tableau récapitulatif de l’ensemble des réponses ainsi que les questionnaires des formations ayant ajouté des commentaires sont téléchargeables dans la rubrique “Téléchargements”.

10
juin
2009

Selon le « Green 10», une coalition des principales organisations environnementales présentes à Bruxelles, la Commission européenne sortante est bien loin d’avoir atteint les objectifs nécessaires sur les questions environnementales. La coalition rend publique aujourd’hui une évaluation de la Commission Barroso, lui donnant une note générale de 4.4/10.

Le rapport du Green 10 examine les succès et les échecs de 12 politiques sectorielles qui ont des conséquences sur l’environnement et soumet une liste d’objectifs à atteindre pour la prochaine Commission. Le Green 10 reproche, entre autres, l’échec des réformes de la Politique Agricole Commune et de la Politique Commune des Pêches et, de façon plus générale, la difficulté à proposer des politiques économiques soutenables. Le rapport met cependant en évidence quelques points positifs, notamment sur les politiques du climat, de l’énergie et des transports. Cliquez pour lire la suite »

9
juin
2009

Alors qu’on estime à près de 20% la part de bois importée dans l’UE qui serait d’origine illégale - 40% pour les bois tropicaux importés en France - et que 92% des citoyens européens veulent une loi garantissant que seul du bois d’origine légale soit commercialisé dans l’Union européenne, le gouvernement français a incité les députés français siégeant au Parlement européen à voter, le 22 avril dernier, contre un règlement fort qui prévoyait le principe d’une traçabilité des produits bois, des forêts de productions aux consommateurs finaux.

Peine perdue : le texte a été adopté avec le soutien de tous les députés européens français à l’exception remarquable de ceux du PPE (=UMP) qui se sont tous abstenus (sauf un : Joseph Daul). Cliquez pour lire la suite »

19
mai
2009

Le lancement de la campagne pour les élections européennes vient à point nommé rappeler le rôle important du Parlement européen dans le domaine de l’environnement. Le WWF-France a donc envoyé un questionnaire aux têtes de liste des formations démocratiques afin de connaître leurs positions et engagements sur cinq enjeux identifiés comme majeurs (crise climatique et nouvelles opportunités économiques, nouveau budget de l’Union et et new deal écologique européen, érosion de la biodiversité et préservation de l’eau, nouveau modèle de consommation et réduction de l’empreinte écologique, écosystèmes marins sains et filières de pêche responsable). Cliquez pour lire la suite »

23
janvier
2009

En avril dernier, le WWF-France transmettait au gouvernement son « Manifeste pour une Présidence française ambitieuse » qui exposait les demandes précises du WWF sur quatre priorités à l’agenda de la présidence française : le climat, la pêche, l’agriculture et la forêt. L’heure est maintenant venue de tirer le bilan de ces 6 mois de présidence de l’Union européenne.

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9
décembre
2008

Poznan, le 9.12.08 - La proposition de décision européenne sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre des Etats membres pour 2020 ne répond pas à l’urgence climatique. Sans amélioration de la part des chefs d’Etats, réunis en Sommet les 11 et 12 décembre, le RAC-F et ses associations membres appellent le Parlement européen à rejeter cette décision.

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